Colloque international de la revue transculturelle L’Autre – Une jeunesse exposée : comment construire des appartenances dans un monde aux influences multiples?

Colloque

23-24 octobre 2025
New Residence Hall, 3625 avenue du Parc, Montréal

L’Institut universitaire SHERPA a collaboré avec la clinique pédiatrique transculturelle de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, avec le soutien de la clinique de psychiatrie transculturelle de l’Hôpital Jean-Talon, pour accueillir le 31ᵉ colloque de la Revue transculturelle L’autre.

En ces temps de perturbations mondiales où les conflits, les guerres, la montée de la droite, les catastrophes écologiques ainsi que les mouvements migratoires qui y sont associés se multiplient, comment se construisent les jeunes qui grandissent dans ce monde en constant changement ? Qu’en est-il des possibilités de métissage et de transmission culturelle dans ce contexte de globalisation? Comment se construire quand le regard de l’autre est porteur de préjugés? Est-il possible que la conjoncture actuelle rende la jeunesse plus à risque d’être « exposée », au sens de l’enfant exposé de Marie-Rose Moro. Comment se choisir des appartenances dans ce contexte en évitant un flottement identitaire pouvant mener au repli sur soi ou à des trajectoires polarisées / radicalisées? L’événement vise à réunir des acteurs de différents horizons qui s’intéressent et œuvrent auprès de jeunes migrants et racisés et de leur famille. À partir du contexte québécois aux spécificités linguistiques et migratoires complexes, ce colloque vise à réactualiser une réflexion plus large sur la construction identitaire des jeunes, et sur les façons de les accompagner.

Objectifs du colloque :

  • Mieux comprendre les processus de construction identitaire chez les jeunes issus de la diversité culturelle et de ceux évoluant dans une société culturellement diversifiée;
  • Penser les dispositifs de soins et d’accompagnement auprès de ces jeunes et de leur famille .

Programme PDF en français 

Programme PDF en anglais

Cahier des participants (français)

PROGRAMME

23 octobre 2025

Plénière 1 : Évolution et défis des soins transculturels au Québec et ailleurs dans le monde

Cécile Rousseau, professeure, Division of Social and transcultural psychiatry, Université McGill
Sarah Fraser, professeure titulaire à l’École de psychoéducation, Université de Montréal, co-titulaire de Myriagone – Chaire McConnell – Université de Montréal
Tinh-Nhan Luong, pédiatre, professeure adjointe de clinique, Université de Montréal, directrice de la Clinique pédiatrique transculturelle,Hôpital Maisonneuve-Rosemont, CIUSSS de l’Est-de-Montréal
Abdelaziz Chrigui, psychiatre, directeur de la Clinique de psychiatrie transculturelle de l’Hôpital Jean-Talon, CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal

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= Présence d’un enregistrement vidéo et / ou d’un document de présentation

Ateliers simultanés A

Des enfants et des armes
Julien Depaire
Claire Mestre
Berenise Quattoni
CHU de Bordeaux, Association Éthnotopies

 

Pris dans des conflits aux horizons incertains, des enfants isolés sont endoctrinés dans des groupes armés. Ils s’exposent à des dangers menaçant leur intégrité et leur devenir. S’ils ne sont pas tués, ces enfants mal accompagnés, parviennent parfois à fuir en prenant la route de l’exil pour tenter d’échapper à la violence. Lorsqu’ils arrivent sur le sol français, et dans nos consultations, ils portent la trace de blessures invisibles. Celles-ci sont aggravées par l’incertitude de leur protection en France. Quelles incidences psychiques sur les enfants que nous rencontrons marquent l’enrôlement dans des groupes criminels armés ? Comment peuvent-ils se construire une identité créatrice par delà les effets destructeurs de la violence des gangs ? A quel monde appartenir quand la rage et la menace altèrent le lien à l’Autre ?

À partir de nos pratiques de soins à la consultation transculturelle de l’hôpital de Bordeaux, nous présentons la trajectoire de Kamara, enfant enrôlé dans un groupe criminel en Sierra Leone, confronté à un impossible choix dans ses appartenances et à un flottement identitaire qui mènent à des conduites de rupture sociale. Nos observations illustrent une clinique de la désaffiliation et de la « déliaison », où des évènements si traumatiques, engendrent un sentiment de solitude et des déchirures cognitives de grande ampleur. Nous tenterons ainsi d’articuler l’exposition à la violence extrême et la construction  de soi, avec la douleur, malgré tout.

Youth, Belonging, and Participation in Exile : Insights from a Refugee-Led Approach

Ghada Rifai et Farah Ismaeil
Globally connected

This presentation explores how refugee youth navigate identity and belonging while living in European host societies, often caught between their home countries and their new environments. Drawing on the experience of Globally Connected, a refugee-led organization, it highlights how participatory methods—dialogue, cultural expression, and community engagement— support youth in reclaiming agency and building a sense of belonging across multiple influences.

La prise en charge des enfants de Djihadistes : enjeux cliniques, identitaires et sociétaux
Marta Fumagalli
Centre hospitalier de Versailles

Certains phénomènes connus chez les personnes migrantes, exilées ou demandeurs d’asile sont amplifiés chez les enfants de retour de zone d’opération terroriste irako-syrienne. Si certains aspects passent au second plan comme leur parcours migratoire, d’autres, notamment en termes de  projections sociétales sont plus marquées : ce sont des enfants français mais pointés comme des étrangers pour ce qu’ils ont vécu et pour les choix de leurs  parents. Exposés à une multiplicité des intervenants et des institutions leur filiations et affiliations complexifient leur prise en charge.

Qui sont ces enfants ? Comment se considèrent-t-ils ? Quelle place pour leur subjectivité ?

Comment aborder les polarisations sociales avec les jeunes

Marie-Laure Daxhelet
Annie LeBrun
Mehdi Azri
Samuel Vessière
CIUSSS CCOMTL
Diana Miconi
Université de Montréal

La montée des polarisations sociales au niveau mondial liées aux questions identitaires et idéologiques, (misogynie, homophobie/transphobie, xénophobie, racisme, intolérance religieuse, mais aussi la violence nihiliste), fait écho dans le milieu scolaire, tant auprès des élèves que du personnel. Questionnés sur le sujet, les jeunes mentionnent des vécus d’injustice, de discrimination et un sentiment d’insécurité à l’école, qui sont des facteurs qui peuvent éloigner les jeunes des formes démocratiques de contribution à la  société et les amener vers la violence. Les jeunes demandent d’ouvrir un dialogue sur ces sujets sensibles et invitent les adultes à leur « laisser plus de  place » (Miconi et al., 2025; 2024). Cet atelier, alliant la théorie et la pratique, permettra de répondre à l’un des objectifs de colloque en proposant de réfléchir à la prévention et à l’intervention de la violence et de la haine en milieu scolaire dans le contexte actuel de diversités et de polarisations croissantes. Les résultats d’une évaluation préliminaire d’ateliers de discussion et d’expression créatrice montés auprès d’élèves du secondaire afin de favoriser le dialogue et la cohésion sociale et réalisés par l’équipe ScolArt seront présentés. Ce sera également l’occasion de partager l’expérience pratique dans ce milieu à partir de courtes vignettes.

Les adolescents métisses : des enfants exposés? Entre vulnérabilité et créativité

Marie Rose Moro
Amalini Simon
Rahmeth Radjack
Alice Rizzi
Maison des adolescents de
l’Hôpital Cochin

Les adolescents métisses se trouvent souvent confrontés à des dynamiques identitaires complexes. Cette richesse d’horizons peut être vécue comme un  atout, mais aussi comme un terrain de tensions internes, surtout lorsqu’elle s’accompagne de traumatismes transgénérationnels ou de non-dits familiaux.  D’un côté, les adolescents métissés développent souvent une aptitude à naviguer entre différents univers, à décoder divers langages sociaux, et à faire
preuve de grande créativité. Cette pluralité peut aussi générer une crise identitaire : ne se sentant pas « pleinement » rattachés à une seule culture, certains adolescents peuvent vivre un sentiment de décalage, d’exclusion, ou un sentiment de devoir choisir entre les héritages parentaux et la société d’accueil. Ils cherchent souvent à comprendre d’où ils viennent pour mieux savoir qui ils sont. Mais cette quête est parfois entravée par une transmission traumatique : des récits familiaux marqués par l’exil, la guerre, le racisme ou le rejet, qui ne se sont pas toujours verbalisés, mais qui s’inscrivent silencieusement dans l’histoire familiale. Dans cet atelier, nous présenterons différentes situations cliniques qui illustrent la complexité de ce que vivent les adolescents et ceux qui les soignent. Ces adolescents à la fois mettent en difficultés les soignants tout en les invitant à la créativité.

Se vivre depuis l’enfance comme une personne de nouvelle génération “asiatique” née au Canada ou en France. Une actualisation des rapports de domination et d’oppression raciales

Sophie Hamisultane
Université de Montréal

Cette communication portera sur une synthèse de recherches antérieures et en cours que j’ai effectuées au Canada et en France, concernant la construction de soi, de l’enfance à l’âge adulte, de personnes descendantes de migrant.e.s «asiatiques», spécifiquement de l’Asie du Sud-Est et de l’Est et de personnes chinoises adoptées au Québec.
M’inscrivant dans un cadre épistémologique de sociologie clinique, articulant les dimensions du psychique et du social – à l’écoute du roman familiale et de la trajectoire sociale (Gaulejac, 1999) de nouvelles générations ayant un héritage colonial et migratoire – je m’attèlerai à rendre compte des effets de la racialisation, vécue dans l’enfance et l’adolescence, sur leur construction identitaire à l’âge adulte. J’aborderai, également, comment la dénégation sociale et politique (Boni, L. et Mendelsohn, S. 2021, Fassin, 2006) vient actuellement masquer leur réalités sociétales.
Cette synthèse s’inscrit dans plusieurs constats : ces populations vivent du racisme et des formes d’exclusion alors qu’elles sont citoyennes et ont été socialisées par les institutions éducatives canadiennes ou françaises ; quinze ans après mes premières recherches, ces populations témoignent aujourd’hui du même type de rapports de domination et d’oppression ; on s’intéresse peu aux conséquences du racisme et des formes d’exclusion sur leur santé mentale depuis l’enfance.

L’enfant « onusien » : soigner au-delà des frontières

Université de Bordeaux
Claire Mestre
CHU de Bordeaux et Ethnotopies

La notion d’enfant globalisé est au centre des préoccupations des organisations humanitaires, c’est le cas de l’association Mécénat Chirurgie Cardiaque qui s’est attachée à offrir des soins cardiaques en France pour des enfants qui ne peuvent pas en bénéficier, notamment dans l’Afrique francophone. Devant des difficultés administratives et logistiques, ces enfants sont soignés loin de leurs familles, pouvant être source de séparations délétères pour l’enfant et leurs parents. Des réseaux de care se mettent ainsi en place en France avec des familles d’accueils qui accompagnent ces enfants malades, confiés loin de leur famille. Une nouvelle forme de liens et d’attachement se noue pendant l’accueil entre la nouvelle famille avec ses valeurs « occidentales » ou « onusiennes » et l’enfant qui vient d’un autre pays avec ses propres appartenances culturelles. Des liens qui se maintiennent bien au-delà de l’accueil, et qui se construisent aussi entre la famille d’accueil et la famille d’origine de l’enfant. C’est ainsi que l’enfant « onusien », dans un souci initialement humanitaire, se retrouve au croisement de deux filiations aux cultures bien différentes.

Document de présentation

La conscience réflexive culturelle : outil essentiel pour favoriser le développement d’une identité ethnoculturelle assumée chez les jeunes issus de couples mixtes

Régine Tardieu-Bertheau
Université de Montréal et centre professionnel Alter-Natives
Vanessa Capellan Acosta
Centre professionnel Alter-Natives

Dans un milieu multiculturel comme Montréal, il est quotidien de côtoyer des personnes d’origines ethnoculturelles diverses (Statistiques Canada, 2022). Dans ce confluent d’histoires migratoires, de plus en plus de couples mixtes se forment créant ainsi des familles mixtes et des enfants vivant une réalité culturelle qui leur est propre. Trouver son identité quand on est jeune peut déjà être un cheminement complexe, et peut le devenir encore davantage lorsqu’on y ajoute des origines ethnoculturelles plurielles (Tardieu-Bertheau, 2018). Encadrer ces jeunes à une construction identitaire positive et assumée lorsque celle-ci semble difficile, requiert de la part des intervenants la compréhension de ces enjeux complexes et une réflexion par rapport à leur propre identité ethnoculturelle.
Cet atelier permettra aux professionnels et intervenants auprès des jeunes mixtes de prendre conscience des enjeux spécifiques liés à l’impact de l’identité ethnoculturelle dans le développement identitaire et l’estime de soi plus large de ces jeunes. Il offrira également des outils et modes d’interventions culturellement sécuritaires pouvant être utilisés. Cette démarche de développement d’une conscience identitaire culturelle chez le professionnel contribuera à une plus grande capacité de décentration et à une posture d’accompagnement mieux adaptée aux besoins des jeunes en quête de sens identitaire.

Ateliers simultanés B

Idées suicidaires et tentatives de suicide chez les adolescentes réunionnaises : une approche qualitative du vécu subjectif et culturel de la souffrance

Michel Spodenkiewicz
Centre d’excellence en santé mentale des jeunes, McGill

Introduction : Les comportements suicidaires à l’adolescence constituent un enjeu majeur de santé publique, avec une recrudescence observée depuis la pandémie de COVID-19. Dans le contexte spécifique de La Réunion, territoire  ultra-marin français marqué par des inégalités sociales, une histoire postcoloniale complexe et des tensions identitaires, des études préalables ont montré que les adolescentes étaient particulièrement vulnérables aux comportements suicidaires. Cette étude vise à explorer la perception qu’ont ces jeunes filles des origines de leur souffrance psychique, dans une perspective culturelle et expérientielle.
Méthodes : Une étude qualitative a été menée auprès de 14 adolescentes hospitalisées ou suivies en pédopsychiatrie pour idées suicidaires ou tentatives de suicide durant la période pandémique. Les données ont été recueillies à partir d’entretiens semi-structurés et analysées selon une méthode d’analyse phénoménologique interprétative (IPA).
Résultats : Quatre grands axes thématiques émergent de l’analyse :
Les origines de la souffrance : tensions familiales, violences (notamment sexuelles), isolement, difficultés scolaires et sentiment d’incompréhension intergénérationnelle ;
L’expression symptomatique : les comportements suicidaires apparaissent comme des appels à l’aide face à des stresseurs dont le cumul dépasse leurs capacités d’adaptation, et parfois comme des moyens de reprendre du pouvoir sur une souffrance tue ou non reconnue ;
La pandémie de COVID-19 : bien qu’ayant exacerbé certaines vulnérabilités, elle est rarement perçue comme une cause directe de la souffrance ;
Des leviers de rétablissement : accès à des soins bienveillants, reconstruction d’un sentiment de sécurité, reconnaissance symbolique du vécu, et quête de sens au sein du collectif.
Conclusion : En restituant la parole des adolescentes réunionnaises, cette étude met en lumière les déterminants sociaux, culturels et relationnels de leur détresse. Elle invite à repenser les dispositifs de soin en pédopsychiatrie auprès des populations les plus vulnérables par de multiples formes de mise à l’écart ou de marginalisation, à l’aune d’une écoute sensible aux contextes historiques, culturels et traumatiques.

ChatGPT est mon seul ami? le transculturel au défi de la mondialisation

Serge Bouznah
DU Médiation en Santé, Université Paris Cité
Fatima Touhami
Maison des adolescents de l’Hôpital Cochin Paris

La mondialisation par la diffusion massive des technologies numériques, recompose en profondeur les liens sociaux, en particulier chez les adolescents. La place occupée par les réseaux sociaux, désormais bien documentée, montre leurs effets ambivalents: espace de connexion mais aussi vecteur d’isolement enfermement et rupture avec le monde réel. Nous proposons d’explorer cette problématique à travers la situation d’un jeune malien de 16 ans en situation de rupture famiialeet de fugue, accueilli à l’aide sociale à l’enfance de Paris (ASE).

Isolé et méfiant à l’égard des adultes, ce jeune investit massivement son téléphone portable et ChatGPT , qu’il considère comme son seul allié dans un monde hostile. Face à cette situation , l’ASE a sollicité l’intervention du dispositif de médiation transculturelle du centre Babel avec pour objectif de restaurer le lien familial. En croisant clinique transculturelle, anthropologue de technologies et réflexion sur les effets de la mondialisation, nous tenterons d’esquisser des pistes d’intervention pour mieux accompagner ces jeunes «connectés» mais profondément seuls.

Document de présentation

« La mort c’est rien, Madame » : Une étude de cas issue de la prise en charge psycho-thérapeutique d’un jeune migrant.
Diana Lescaillez
Maison Départementale de l’Enfance et de la Famille du Calvados

Comment accompagner un jeune migrant qui a déjà « tout vu » et pour qui la mort est un mot banal, terne et plat? Un jeune qui n’a peur de rien et pour qui tout est devenu rien après un événement qui a bouleversé sa vie d’enfant en le laissant se débrouiller seul par ses propres moyens sans adulte. Ce jeune est arrivé en France en passant par plusieurs pays et en rencontrant de nouvelles épreuves, y compris la prison en Libye, qui est venue ajouter des couleurs sombres à l’impensable cruauté humaine. La traversée de la Méditerranée sur un bateau de fortune, d’une durée de 4 jours au cours desquels plusieurs personnes mourront à bord, est présenté par cet adolescent comme « rien de très grave » par rapport à Libye. Comment accompagner ce jeune pour qui exister signifie se battre et qui ne se ressent vivant que « quand le sang chauffe » et que le niveau d’adrénaline fait dérailler son cœur ? Comment étant psychologue répondre à sa non-demande ? Comment réparer une maison de Soi qui n’a même pas été construite ? Comment rester authentique devant ce jeune de 16 ans dont le regard fixe témoigne de la barbarie, de l’horreur et de l’inhumanité de l’être humain. A travers une étude de cas de ma pratique au Centre d’hébergement d’urgence de mineurs non-accompagnés de Caen (MDEFC), je voudrais proposer une réflexion sur la vulnérabilité des jeunes issus du parcours migratoire et sur le comment dans leur prise en charge.

Créer des environnements favorisant le mieux-être pour la jeunesse autochtone : atelier interactif sur les pratiques prometteuses et les défis en milieu scolaire

Héloïse Pelletier Gagnon
Josée Lapalme
Université de Montréal
Coralie Niquay
Cercle en santé publique autochtone de l’École de santé publique de l’Université de Montréal

Le mieux-être (mino-pimatisiwin en anishinaabemowin) des jeunes autochtones est favorisé par le développement de relations significatives avec la communauté, le territoire et une identité culturelle forte. Les écoles sont des milieux importants dans le développement identitaire et ont la responsabilité d’offrir des environnements soutenant le mieux-être de tous les élèves. Or, peu d’initiatives systémiques et culturellement sécuritaires pour les élèves autochtones sont actuellement déployées dans les écoles québécoises. Notre atelier vise à approfondir une réflexion collective à savoir comment les écoles peuvent soutenir le mieux-être des jeunes autochtones. L’atelier débutera avec une brève mise en contexte d’une recherche partenariale (chaire MYRIAGONE, Regroupement des centres d’amitié autochtones, Fondation Nouveaux Sentiers et Cercle en santé publique autochtone). Ensuite, les participants seront invités à interagir avec les résultats présentés grâce à des activités d’échanges et de création articulées autour : 1) d’un modèle conceptuel illustré du mino-pimatisiwin; 2) de pratiques prometteuses soutenant le développement d’une fierté identitaire et culturelle pour les élèves autochtones; 3) d’activités artistiques pour entendre les voix des jeunes autochtones. La pertinence de cet atelier au regard des thèmes du colloque se situe dans les liens directs unissant le mieux-être et le développement d’une identité culturelle forte ainsi que des exemples de pratiques concrets.

Faire tomber les barrières pour des services plus équitables, durables et adaptés culturellement: une création théâtrale par des jeunes personnes concernées

Ney Wendell Cunha Oliveira
Université du Québec à Montréal
Myriam Richard
Pauline Rudaz
Naïma Bentayeb
IU SHERPA
Victor Fernandez
Rajae Anys
ENAP
Myrianne Thiam
Audric Twahirm

Cet atelier prend la forme d’une courte présentation théâtrale suivie d’un échange avec le public. Conçue comme un collage de scènes, elle est présentée par des jeunes personnes participant au Projet d’adaptation culturelle des services aux jeunes (IRSC, Bentayeb et al. 2022). Cette recherche évaluative vise à favoriser une meilleure équité en termes d’accès, d’utilisation et de qualité des services pour les jeunes personnes qui s’identifient comme im·migrantes, réfugiées, racisées et/ou appartenant à un groupe ethnoculturel minoritaire. Il s’appuie sur un processus de cocréation impliquant des jeunes, des parents/proches/leaders de communautés, des personnes intervenantes et gestionnaires. Le court spectacle que nous proposons dans cette communication est cocréé par les jeunes personnes, en collaboration avec l’équipe de recherche et des artistes invité·es. Elles y expriment avec sensibilité et lucidité les enjeux auxquels elles font face : la nécessité de sensibiliser les parents aux défis et aux services en santé mentale, l’importance de la prévention et de la connaissance des ressources, les conséquences des financements à court terme ainsi que les barrières créées par des critères d’admissibilité trop restrictifs. Cette création scénique collaborative est un acte de prise de parole et une invitation à écouter les jeunes. Elle propose une réflexion artistique sur la nécessité de construire ensemble des services plus équitables, durables et adaptés à leur réalité.

Prensip Minokan, Prensip Ginen: Studying and Implementing Haitian Vodou as a Black Liberation Psychology Model

Kay Thellot
Prensip Minokan pour la libération mentale noire

I argue that Vodou Ayisyen («Haitian Vodou» in Haitian Kreyòl) is an epistemology that archived and adapted Black thought and African ancestry to the people’s time and place. This was accomplished in Vodou’s values, proverbs, stories, songs, prayers, protocols for ritual, instruments, dances, relationship to natural and financial resources, justice, approach/philosophical understanding of healing and the land, etc. Highlighting that the collective colonial experience of Saint-Domingue is Vodou Ayisyen’s incubator, or in other words, underscoring that Vodou Ayisyen was created during colonial contact, studying Vodou can offer a Black liberatory psychological posture in resistance to anti-Blackness. My current study of Vodou through this lens outlines existential, humanistic, narrative and somatic threads in this afro-diasporic practice to support the well-being, identity development and racial socialization of Black people. Vodou Ayisyen’s care of the Invisible includes but is not limited to individual and collective psychological well-being for the benefit of liberation which includes not only wellness but also activism and civic engagement. This requires bringing our gaze as scholars and practitioners to the intersection of history, geopolitics, spirituality and ethnology to better inform our psychological and academic/didactic practices. In other words, this can be applied in psychological care and in supporting the education of youth, seeking to mend racial trauma.

Les enjeux de l’intégration des représentations culturelles émergentes dans un dispositif transculturel en France

Malika Bennabi Bensekhar
Université de Picardie Jules Verne

L’accélération des interrelations entre individus, groupes, territoires, les rencontres concrètes et symboliques qui s’y rattachent, débouchent sur des dynamiques multiculturelles soutenues. La clinique qu’il nous faut pratiquer doit alors envisager l’effet des ruptures avec les logiques familiales considérées comme traditionnelles. Elle doit intégrer dans les soins dispensés une quête d’individuation plus forte. En mettant en perspective les pratiques cliniques transculturelles hérités des décennies 1970-80 avec le contexte sociopolitique et historique de leur constitution, en réinterrogeant leur fondement théorique, nous mettront en évidence les aspects théoriques de l’ethnopsychiatrie devenus caduques. Nous esquisserons aussi les alternatives jugées nécessaires par le fait de devoir intégrer des appartenances diasporiques et des représentations de nature religieuse dans le cadre du soin, parce qu’il faut agir dans le sens d’un « retour à soi » pour favoriser un mouvement vers l’altérité.

Exposition ou révélation : comprendre le passé pour une protection

Jonathan Ahovi
Maison des adolescents, CHU Cochin Paris

Dans le monde mondialisé où tout va vite, les adultes et les jeunes semblent pris dans le même rythme avec le risque de télescopage intergénérationnel. La fonction de transmission semble aujourd’hui un peu oubliée en même temps qu’une forme d’indisponibilité pour les jeunes de recevoir cette transmission. Ils vont la chercher tout de même sans guide sans sens dans leur créativité, avec nécessairement des zones d’ombre ou cryptes qui participent d’une angoisse existentielle. Comment protéger notre jeunesse sans empêcher leur créativité?

Ateliers simultanés C

Divers-Cité : un espace de coconstruction identitaire pour les jeunes en garde fermée

Olivier Lacroix
Hayette Boubnan
CIUSSS Centre-Sud de l’île de Montréal

Depuis l’automne 2023, le groupe Divers-Cité réunit chaque semaine des jeunes de deux unités de garde fermée de Cité des Prairies, accompagnés par un psychologue, une travailleuse sociale et une éducatrice. Pensé comme un espace de parole et d’exploration identitaire en co-construction, il permet aux jeunes d’aborder leurs trajectoires et appartenances dans un contexte de diversité culturelle. Par le biais de médiums variés (génogramme, photolangage, documentaire, invités issus de divers milieux), les discussions touchent des enjeux cruciaux : transmission familiale, guerres actuelles, perceptions des communautés marginalisées, santé mentale. Loin d’être passifs, les jeunes s’investissent dans des échanges respectueux et engagés, participant même à des initiatives extérieures comme un kiosque sur le transculturel à l’Université de Montréal. Ce projet illustre comment des espaces sécurisants et participatifs peuvent soutenir la construction identitaire des jeunes en contexte de vulnérabilité et de globalisation.

Document de présentation (PREZI)

Intervenir en contexte de diversité : formation et compétences interculturelles chez les (futur.e.s) professionnel.le.s de la santé et du social

Eva Ošlejšková
Yvan Leanza
Nolwenn Gonzalez
Laboratoire Psychologie et Cultures de l’Université Laval

Le mieux-être (mino-pimatisiwin en anishinaabemowin) des jeunes autochtones est favorisé par le développement de relations significatives avec la communauté, le territoire et une identité culturelle forte. Les écoles sont des milieux importants dans le développement identitaire et ont la responsabilité d’offrir des environnements soutenant le mieux-être de tous les élèves. Or, peu d’initiatives systémiques et culturellement sécuritaires pour les élèves autochtones sont actuellement déployées dans les écoles québécoises. Notre atelier vise à approfondir une réflexion collective à savoir comment les écoles peuvent soutenir le mieux-être des jeunes autochtones. L’atelier débutera avec une brève mise en contexte d’une recherche partenariale (chaire MYRIAGONE, Regroupement des centres d’amitié autochtones, Fondation Nouveaux Sentiers et Cercle en santé publique autochtone). Ensuite, les participants seront invités à interagir avec les résultats présentés grâce à des activités d’échanges et de création articulées autour : 1) d’un modèle conceptuel illustré du mino-pimatisiwin; 2) de pratiques prometteuses soutenant le développement d’une fierté identitaire et culturelle pour les élèves autochtones; 3) d’activités artistiques pour entendre les voix des jeunes autochtones. La pertinence de cet atelier au regard des thèmes du colloque se situe dans les liens directs unissant le mieux-être et le développement d’une identité culturelle forte ainsi que des exemples de pratiques concrets.

Romantic Relationships in Immigrants Adolescents:Identity process and Acculturation Experiences

Stéphanie Verdon
RIVO-résilience

This workshop aims to illustrate the interplay between the adolescent identity formation and the family and cultural context​, especially in second generation migrants. The discussion is organized around the demonstration on how teenagers interpersonal relationships are impacted by dimensions of acculturation​ and ​acknowledge the relevance of cultural genogram in clinical practice with immigrants teenagers and families. We will try to emphazise the importance of joining in family therapy, especially when family is from a different ethnic background and present a picture of conflictual relationships between teenager and parents. We want to highlight the acculturation stress as an opportunity for growth and improvement in the relationship, throught a deeper mutual understanding of generations. Challenges in family therapy would also be point out.

Document de présentation

Les jeunes proches aidant.es des communautés ethnoculturelles minoritaires : Les quoi?

Marie-Emmanuelle Laquerre et Amina Mezdour
Université du Québec à Montréal

La proche aidance a largement été étudiée sous l’angle du vécu des conjoints ou des enfants adultes (45 ans et +) qui soutiennent un proche âgé. Les études qui ont documenté les profils, les expériences et le vécu des jeunes proches aidants (JPA) sont moins développées même si l’on sait que les jeunes de 25 ans et moins sont de plus en plus appelés à prendre soin d’un membre de la famille vulnérable ou ayant des incapacités. Le profil des jeunes proches aidant.es des communautés ethnoculturelles minoritaire ou issus de l’immigration (CEMII) est quant à lui amplement sous documenté. Cette présentation, issue d’une recherche en cours, souhaite amorcer une réflexion sur le vécu et les enjeux rencontrés par les jeunes aidants des CEMII qui prennent soin d’un membre de la famille vulnérable ou ayant des incapacités. L’accent sera mis sur les défis entourant la construction identitaire de ces jeunes. La notion d’identités multiples sera aussi discutée puisque ce sont sur ces dernières que reposent les pistes d’action à mettre en place dans différentes sphères afin d’assurer une visibilité à ces jeunes tout en leur offrant des services d’accompagnement qui sont adaptés à leurs besoins et réalités.

Désafilliations et réaffiliations d’enfants migrants placés en institutions de protection de l’enfance

Daniel Delanoë
Hôpital Barthélemy Durand, France

Notre consultation transculturelle accueille des familles en situation migratoire. Des enfants de ces familles sont parfois placés par décision judiciaire dans des structures de l’Aide Sociale à l’Enfance. Plusieurs études ont montré chez les enfants placés une sur-représentation des enfants issus de familles pauvres, racisées et de mères isolées. Certains arguments avancés pour décider ou prolonger les placements relèvent plus d’une disqualification des compétences parentales que d’une situation de danger. Il se produit alors un processus de désaffiliation des enfants et de dé-parentification des parents. On peut y voir un processus de contrôle et d’appropriation des enfants migrants par l’État. Dans des situations très différentes, l’enfant placé critique la violence éducative revendiquée par ses parents et ne veut pas alors retourner dans sa famille et se réaffilie dans la famille d’accueil ou le foyer. L’enfant entre dans un processus d’individuation et de capacité d’agir contre l’emprise familiale, en prenant appui sur un état social protecteur, peu développé dans le pays d’origine des parents. Une perspective intersectionnelle permet de penser les cumuls et les croisements de dominations racistes, classistes, sexistes et post-coloniales et la domination adulte. Dans les entretiens avec les parents et les enfants, nous cherchons à identifier les logiques conflictuelles et les liens qui peuvent être restaurés ou construits entre les générations.

Document de présentation

La structuration identitaire des enfants de migrants de l’Aide Sociale à l’Enfance en France de nos jours

Charles Di
Hôpital Jean-Verdier et Université catholique d’Angers, Paris 8,
Université catholique de Lille
Tiffany Camille Granger
Centre hospitalier Édouard Toulouse, Marseille

L’Aide Sociale à l’Enfance (ASE), vise à soutenir les enfants et les familles, confrontés à des difficultés sociales susceptibles de compromettre leur équilibre et leur l’épanouissement. Fin 2022, 1,36 % des jeunes majeurs en France relève de l’ASE (ONPE). Paradoxalement selon France parrainage 40% de jeunes de moins de 25 ans sans domicile fixe sont issus de l’ASE. Par conséquent l’ASE prend en charge une faible part des jeunes mais constitue une filière majeure vers la précarité. Ce paradoxe s’inscrit dans notre contexte mondial de crise de valeurs : guerres, migrations, catastrophes écologiques, montée des extrêmes et xénophobie décomplexées largement propagées par les médias et les politiques. Pour les jeunes issues de l’immigration de l’ASE qui construisent leur identité dans cet environnement hostile et trouble, la question de la construction identitaire se pose avec acuité. Ils deviennent parfois des figures de l’“enfant exposé” (Moro, 1989) : un sujet vulnérable, en manque d’environnement structurant et de figures contenantes, source de souffrance psychique et de désordre comportemental. Cette intervention se prose de penser les ressorts de cette situation et explore comment, malgré l’effritement des repères, des espaces tiers et avec des méthodes innovantes transculturelles et intersectionnelles on peut permettre au jeune de symboliser son histoire, d’articuler ses appartenances, et d’élaborer un récit de soi cohérent métissé et apaisée.

Document de présentation

24 octobre 2025

Plénière 2 : une jeunesse exposée : regards croisés sur les défis de la construction identitaire

Marie Rose Moro, professeure de pédopsychiatrie à Université de Paris Cité,
cheffe de service de la Maison des adolescents de l’Hôpital Cochin et directrice scientifique de la revue L’autre
Claire Mestre, psychiatre, psychothérapeute, anthropologue, responsable de la consultation transculturelle du CHU de Bordeaux, présidente d’Ethnotopies et co-rédactrice en chef de la revue L’Autre
Garine Papazian-Zohrabian, directrice scientifique de l’Équipe de recherche
interdisciplinaire sur les familles réfugiées et demandeuses d’asile, professeure titulaire au département de psychopédagogie et d’andragogie à la Faculté des sciences de l’éducation à l’Université de Montréal, membre de l’Ordre des Psychologues du Québec et chercheure membre de de l’Institut universitaire SHERPA
Alicia Botswain-Kyte, professeure à l’École de service social de McGill University et chercheure membre de de l’Institut universitaire SHERPA

Ateliers simultanés D

De quelles manières les services offerts aux mineurs non accompagnés à Montréal leur permettent de s’intégrer ? Leçons tirées de plusieurs recherches qualitatives

Lara Gautier
Boutaïna Chafi
Bayram Tevfik
Camille Tétart
Université de Montréal

 

L’intégration des enfants qui migrent sans leurs parents (mineurs non accompagnés, MNA) est particulièrement complexe et dépend principalement des conditions d’accueil de ces jeunes. À Montréal, les MNA qui demandent l’asile sont accompagnés par le Programme régional d’accueil et d’intégration des demandeurs d’asile (PRAIDA). Notre atelier examine de quelles manières l’offre de services sociaux et dans le domaine de l’éducation facilite le processus d’intégration des MNA, qu’ils soient ou non accompagnés par le PRAIDA. Notre étude est pionnière au Québec et au Canada – elle propose tout d’abord les résultats d’une métasynthèse sur les barrières structurelles au renforcement du pouvoir d’agir des MNA, avant de se pencher plus concrètement sur le cas montréalais, en analysant l’impact sur leur intégration 1) des conditions d’hébergement des MNA, et 2) de leur accès aux et expérience des services scolaires. Notre atelier regroupe et analyse en profondeur pour la première fois les données de 31 entrevues réalisées avec des MNA, des cadres et des intervenants à Montréal. Nous avons analysé les données en utilisant une approche déductive-inductive thématique. Cette recherche permet d’approfondir des perspectives d’analyse peu ou pas étudiées jusqu’à présent, jetant la lumière sur cette population invisible au Québec et au Canada plus largement, et faisant ressortir l’expérience de ces jeunes de l’offre de services actuelle.

 

Mineurs non accompagnés : l’art de se rencontrer et de se raconter

Bleuenn Labbé
Fondation Massé Trévidy et La Sauvegarde de l’Enfance

Les Mineurs Non Accompagnés vivent de multiples violences dans leur pays d’origine, sur la route de l’exil et sur le territoire français. La difficulté à mettre en mots les expériences du passé, du départ et de la traversée migratoire peut s’expliquer par une mise à distance des éprouvés subjectifs et des affects. Ces adolescents présentent une grande diversité de symptômes tels que de la dépression, des troubles anxieux, un état de stress post-traumatique. La complexité de leur histoire de vie nous incite à penser de nouvelles modalités thérapeutiques et éducatives, comme lors de l’atelier « l’Arbre de Vie » élaboré par une psychologue et deux éducatrices spécialisées du service Odysée. L’objectif est la mise en place d’un travail groupal, autour d’une médiation, qui s’appuie sur la pratique narrative et qui encourage le développement de la pensée et de la symbolisation. L’art thérapie à travers la lecture,le dessin ou encore l’écriture invite à se rencontrer et à se raconter entre différence et singularité. Nous sommes alors confrontés à l’altérité de l’autre et de soi qui nécessite de penser la bonne distance ou la juste proximité éducative et thérapeutique.

Les cartes Dixit comme médiation de l’expression identitaire en contexte de classe d’accueil
Marie-Ève Caron
Katia Lemieux
Caroline Beauregard
Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

Les élèves nouveaux arrivants font face à plusieurs défis à leur arrivée au Canada tels l’apprentissage d’une langue, la rencontre d’élèves de cultures différentes, ou l’adaptation à un nouveau mode de fonctionnement scolaire. Cela influencera la construction identitaire des enfants ainsi que leur adaptation psychosociale et scolaire. Les enseignants qui mettent en place des activités permettant à leurs élèves de partager leur vécu et d’exprimer leur unicité à l’école soutiennent l’adaptation harmonieuse des élèves et favorisent leur bien-être. Nous avons mené une recherche intervention de nature qualitative afin de documenter l’impact d’une intervention créative fondée sur la production de textes identitaires (écrits et artistiques) dans deux classes d’accueil du primaire. Le projet a mené à l’expérimentation de nouveaux outils dont les cartes « Dixit ». Ces cartes, qui représentent des scènes fantastiques et métaphoriques favorisant une mise à distance du vécu des enfants, ont permis d’aborder des sujets parfois difficiles comme le deuil, la tristesse, ou la peur vécue durant la migration. Cette présentation illustrera comment deux élèves ont investi les cartes « Dixit » afin de créer des histoires qui parlent de leur identité et de leur vécu. Elle présentera des pistes de réflexion sur les éléments soutenant et entravant l’intégration d’interventions créatives fondées sur des textes identitaires auprès d’élèves nouveaux arrivants, et ce dans différents milieux.

Soutenir la construction identitaire des jeunes : le kasala à la clinique pédiatrique transculturelle

Catherine Smith
Ariane Boyer
Clinique pédiatrique transculturelle Hôpital Maisonneuve-Rosemont

À la Clinique Pédiatrique Transculturelle (CPT), les patients référés sont des enfants, des adolescents et leur famille venus d’ailleurs. Les problématiques rencontrées sont souvent liées à des parcours migratoire complexes, à des enjeux de filiation, d’affiliation ou de transmission et les défis de construction identitaire sont souvent à l’avant-plan.
Différentes stratégies thérapeutiques issues de l’ethnopsychiatrie sont utilisées au sein du dispositif groupal afin de soutenir cette construction identitaire. Parmi celles-ci, le Kasàlà est une pratique oratoire poétique originaire de la République Démocratique du Congo qui vise à faire l’éloge de la personne et célébrer ses qualités. À la CPT, nous avons recours à cette méthode pour souligner les difficultés traversées dans le parcours et mettre en lumière les forces du jeune. L’outil permet également de souligner sa place dans sa lignée et a généralement pour effet de créer un portage du jeune et de sa famille par le groupe thérapeutique. Dans le cadre de cette présentation, nous proposerons une réflexion sur la place de cette pratique dans nos interventions transculturelles et sur les effets recherchés. Cette réflexion sera appuyée par des vignettes cliniques et la proposition d’un Kasàlà.

Document de présentation

Using therapeutic apologies to theorize young Muslim women’s identities

Arij Elmi
McMaster University

As part of my doctoral thesis, I interviewed 17 young Muslim women in Toronto and Montreal using therapeutic apologies, a reparative tool from Emotion Focused Family Therapy (EFFT). Therapeutic apologies involve writing a letter of apology from the perspective of a parent who has emotionally harmed you and then reading this letter aloud in an imagined conversation. While analyzing the interviews, I found that the young women had very little in common causing me to wonder what was unifying in their shared identity of ‘Muslim.’ To better analyze the results of my interviews, I turned to a Lacanian psychoanalytic framework and determined that ‘identity’ is one of many possibilities for understanding the relationship between the ‘psyche’ and the ‘social’. This presentation will provide a brief overview of therapeutic apologies and clarify their usefulness in exploring questions of identity with young Muslims. I will also complicate a focus on identity in mental health work, demonstrating alternate ways that we can recognize the ways that young Muslims navigate their social environments. This topic is relevant to the general themes of mixed/hybrid identities, and chosen and assigned identities.

Les potentialités de l’approche transculturelle pour soutenir les enseignant.e.s dans leurs relations avec les familles immigrantes

Geneviève Audet
Marc Donald Jean Baptiste
Université du Québec à Montréal

C’est maintenant plus du tiers des élèves québécois qui sont issus de l’immigration, de première ou de deuxième génération (Ministère de l’Éducation, 2022), ce qui veut aussi dire que les personnels scolaires ont de plus en plus à interagir et à collaborer avec des familles immigrantes. Au cours d’un projet de recherche exploratoire (Audet et al., 2024-2025), des pratiques d’accompagnement d’intervenants qui œuvrent dans le cadre d’un dispositif d’accueil transculturel des familles en France ont été documentée. L’idée derrière ce projet était double : d’une part, comprendre mieux en quoi consiste l’approche transculturelle « en acte » et, d’autre part, voir en quoi cette approche peut être porteuse pour soutenir les milieux scolaires. Mobilisant une partie du corpus de récits de pratique (Desgagné, 2005) recueillis dans ce cadre (n=5), cette communication souhaite répondre à la question suivante : en quoi des pratiques transculturelles d’accompagnement de familles documentées peuvent-elles inspirer les pratiques d’enseignants dans leurs relations avec les familles immigrantes en milieu scolaire québécois? Après avoir exposé le problème et rappelé les bases de l’approche transculturelle (Moro, 2020), nous présenterons les résultats de l’analyse menée sur les récits de pratique. Nous discuterons ensuite des potentialités de l’approche transculturelle pour soutenir les enseignants dans leurs relations avec les familles immigrantes.

Pratiques inclusives en milieu scolaire : réflexions dès la perspective des psychologues scolaires d’un centre de services à Montréal
Maria Cristina Gonzalez
Université de Montréal

Ma présentation s’inscrit dans l’axe : Culture des soins, souffrance et défis rencontrés par les soignants.

Le Centre de services scolaire de la Pointe-de-l ‘Île (CSSPI) à Montréal a entrepris depuis 2013 une réflexion sur le rôle des psychologues et l’impact de leurs interventions auprès des jeunes immigrants. L’intégration d’approches interculturelles et transculturelles a été jugée essentielle pour mieux comprendre les parcours variés des familles immigrantes et adapter les outils et méthodes utilisés, en tenant compte des facteurs de vulnérabilité spécifiques aux jeunes migrants.

Depuis 2017, plusieurs améliorations ont été apportées, notamment :

Création d’un service de dépistage à l’inscription avec interprètes, médiateurs culturels, psychologues et orthophonistes.

Mise en place d’un comité de travail pour améliorer la communication entre les services de francisation et d’adaptation scolaire.

Amélioration du processus d’inscription des élèves de maternelle issus de milieux bilingues ou plurilingues.

Développement d’un modèle de « Clinique transculturelle en scolaire » grâce à l’affectation de temps en psychologie.

Élaboration de grilles d’entrevues pour aider les intervenants scolaires à adopter des postures plus sensibles à la diversité culturelle.

Cet exposé présente le modèle de travail développé, en soulignant l’importance de questionner la posture des praticiens et leur rôle dans l’intégration de pratiques inclusives en milieu scolaire.

Construction identitaire en situation  d’urgence : regards croisés sur les pratiques enseignantes auprès d’élèves ukrainiens déplacés et réfugiés

Natalia Koval
Université du Québec à Montréal

Dans le contexte des migrations forcées, les élèves réfugiés sont au croisement de multiples tensions identitaires, entre rupture de repères culturels et adaptation à de nouveaux environnements sociaux. Les élèves ukrainiens se trouvent dans une situation d’urgence, où les défis liés à leur éducation sont accentués par la guerre. Dans ce contexte de crise prolongée, la compréhension fine des dynamiques identitaires chez les élèves ukrainiens en situation de déplacement forcé nécessite une analyse des récits de pratique d’enseignants œuvrant dans des contextes éducatifs contrastés : stabilité relative (Québec) et d’instabilité (Ukraine). En s’appuyant sur l’analyse de récits de pratique des personnes enseignantes, cette recherche permet de dégager des pratiques éducatives sensibles aux trajectoires migratoires, aux expériences traumatiques et aux besoins psychosociaux des élèves. Loin de se limiter à l’intégration scolaire, ces pratiques participent activement à la reconstruction d’appartenance et de reconnaissance, essentiels au développement identitaire en contexte de crise. Cette étude met en lumière les facteurs pédagogiques déterminants dans l’accompagnement des processus de construction identitaire chez les élèves confrontés à des contextes d’urgence ou de déplacement forcé.

« Je suis ici, mais pas d’ici » : construction de l’expérience sociale et modes d’appartenance de jeunes adultes de seconde génération originaires de l’Afrique subsaharienne à Montréal

Bénédict Nguiagain-Launière
Observatoire des communautés noires du Québec et Université de Sherbrooke

Dans un contexte sociétal marqué par une multiculturalité officielle mais une citoyenneté différenciée, cette communication propose une réflexion sociologique sur les processus de construction de l’expérience sociale de jeunes adultes de seconde génération, né-es au Québec ou arrivé-es en bas âge, et issu-es de l’immigration subsaharienne à Montréal. Appartenant simultanément à la société québécoise et à un groupe racisé, ces jeunes doivent composer avec un double statut : celui de natif et de minoritaire. En s’appuyant sur une recherche qualitative basée sur 21 entretiens approfondis et des groupes de discussion, cette présentation analyse les logiques sociales qui façonnent les trajectoires de ces jeunes : discrimination systémique, assignation identitaire, tensions entre appartenance choisie et appartenance assignée. Elle met en lumière les différentes stratégies de négociation, de résistance ou de contournement qu’ils/elles mobilisent pour affirmer leur citoyenneté et revendiquer leur place dans l’espace public. À travers cette contribution, il s’agira de montrer comment ces jeunes, en interaction constante avec des rapports de pouvoir sociaux et raciaux, deviennent sujets de leur propre expérience. Cette posture permet de repenser les conditions nécessaires à une appartenance pleine et entière, au-delà des logiques d’intégration normatives et des politiques symboliques du multiculturalisme.

Document de présentation

Représentation de la radicalisation chez les adolescents français issus de l’immigration maghrébine, quelle réalité ?

Fatima Touhami
Maison des adolescents de l’Hôpital Cochin, Paris

Face à l’importance médiatisation et politisation du phénomène de radicalisation, il est nécessaire d interroger ceux désignés par la société comme les plus vulnérables au phénomène de radicalisation. Cette communication permettra de porter la voix d ‘adolescents et adolescentes rencontrés dans les cités de relégation afin de comprendre leur construction identitaire entre filiation et affiliations , leur vision du monde et de la société. Comment comprendre l’écart entre le vécu des adolescents interrogés la manière dont ils se racontent et la façon dont ils sont pensés et assignés par la société française. Écouter, comprendre les brèches des réalités subjectives et permettre aux éducateurs, parents et soignants de mieux accompagner et panser la colère adolescente.

Entre identité(s) ressentie(s) et étiquette(s) assignée(s) : témoignages de personnes cocréatrices impliquées au sein d’un projet d’adaptation culturelle des services aux jeunes

Myriam Richard
Pauline Rudaz
Naïma Bentayeb
IU SHERPA

Cette communication présente les résultats d’une réflexion collective sur les termes initialement employés pour désigner la population-cible d’un projet d’adaptation culturelle des services aux jeunes de 12 ans et plus dans quatre régions du Québec : jeunes personnes im·migrantes, réfugiées, racisées et/ou appartenant à un groupe culturellement minoritaire. Choisis à l’issue d’une consultation des parties prenantes au projet, ils désignent des expériences ayant trait aux : 1) dimensions identitaires individuelles et familiales; 2) statuts migratoires; 3) aspects systémiques (racisme et exclusion). Les données sont tirées des échanges entre personnes cocréatrices lors des ateliers de groupe, des journaux de bord de l’équipe de recherche et d’un questionnaire auprès de jeunes des quatre territoires. Les résultats montrent une pluralité de façons de nommer les réalités identitaires et les trajectoires de vie des jeunes dans le Québec contemporain. Les étiquettes identitaires sont remises en question par plusieurs personnes cocréatrices (jeunes, parents, proches, personnes intervenantes, gestionnaires et membres de l’équipe de recherche), mais diverses interprétations à propos des façons adaptées de parler de l’identité et des expériences vécues de l’altérité émergent. Celles-ci donnent lieu à une déconstruction collective des termes choisis initialement pour le projet et ouvrent sur de nouvelles façons de nommer, mais aussi de comprendre les réalités les jeunes et leurs proches.

Document de présentation

Ateliers simultanés E

Entre résonances culturelles et attentes implicites : penser la parentalité en contexte de migration

Nikita Bergen
Établissement public de santé Ville-Évrard et Université Sorbonne Paris Nord USPN

Dans le cadre de mes recherches mêlant parentalité, développement de l’enfant et dynamiques culturelles au sein des familles tamoules (Sud Asia(ques), cette communication propose une réflexion sur les effets de la migra(on et de la rencontre avec le système de soins sur les figures parentales et éducatives. Le contexte migratoire, peut placer la dimension culturelle au premier plan, tant elle structure les représentations et pratiques issues du pays d’origine. L’articulation entre cultures, trajectoires individuelles et contextes de vie cons(tue un appuie pour le clinicien, permettant d’enrichir la rencontre et favoriser une alliance thérapeutique ajustée. Il s’agit de s’interroger sur la manière dont les familles, dans leur diversité, composent avec des assignations implicites et sur la façon dont les interlocuteurs (soignants, institutuons, sociétés) tentent, ou non, de rencontrer le sens porté par l’autre. Cette dynamique s’ancre dans un héritage culturel profond, qui se transmet de manière explicite ou implicite à travers les générations. Ces transmissions touchent différents niveaux : elles traversent les pratiques éducatives, les modes de communication intrafamiliale, les représentations du rôle des parents et des enfants, ou encore les conceptions du développement et du soin. Elles viennent structurer des manières de faire famille, parfois en tension avec les normes du système d’accueil, parfois en résonance, permettant des espaces de métissage où se remanient les repères identitaires.

Adaptation des adolescentes et adolescents dans les familles recomposées africaines : cas des familles camerounaises

Guy-Bertrand Ovambe Mbarga
Centre de Psychologie Transculturelle du Sahel et Université de Maroua au Cameroun

Prisca Pascaline Maipa Domga
Fondation Rapha-Psy, Yaoundé, Cameroun

L’étude a traité de l’adaptation des adolescents dans les familles recomposées africaines. Nous sommes partis d’un constat clinique chez plusieurs familles reçues en consultation à la Fondation de Psychologie RAPHA-Psy. Il s’agit d’un accroissement des conceptions avant le mariage et d’une recrudescence des divorces. Ces deux phénomènes engendrent une augmentation exponentielle des familles recomposées. La grande expansion de ce type de familles suscite une diversité de questionnements. Parmi ceux-ci, on peut se demander comment les adolescents se retrouvant dans une famille recomposée et devant cohabiter avec une/des personne(s) inconnue(s) font pour s’adapter et construire leur identité ? L’objectif de cette étude a été d’identifier les stratégies d’adaptation mises en œuvre par les adolescents vivant dans des familles recomposées. Il s’est agi de manière plus précise d’appréhender les enjeux en mouvement lors de la recomposition familiale afin de mettre en exergue des pistes d’actions aux professionnels de santé mentale exerçant dans les familles.

Enfants exposés, transmissions silencieuses : étude sur les liens parents-enfants dans les familles tamoules en France, suite à la guerre du Sri Lanka

Tony Roy Edward
CHU Cochin Paris

Amalini Simon
Maison des adolescents de l’Hôpital Cochin, France

Depuis la fin officielle de la guerre civile au Sri Lanka en 2009, la France est devenue un important pays d’accueil pour les Tamouls ayant fui le conflit. Nombre de familles se sont installées durablement, tout en portant les traces d’un passé marqué par la violence. Dans le cadre d’une recherche universitaire à visée transculturelle, nous avons interrogé la transmission entre des parents tamouls ayant vécu l’exil et leurs enfants nés en France. A travers une étude qualitative articulant entretiens et dispositif T-MADE (méthode d’analyse de dessins d’enfants), nous avons exploré les formes silencieuses et sensibles de transmission. Notre travail s’inscrit ainsi dans une réflexion sur les enfants exposés, non directement à des violences, mais aux effets secondaires d’une histoire familiale et culturelle potentiellement traumatique. L’étude interroge les contours du transmissible et de l’intransmissible entre générations, dans un contexte post-migratoire ou se croisent silence, héritage psychique et quête identitaire.

Soutenir la construction identitaire des jeunes : le kasala à la clinique pédiatrique transculturelle

Catherine Smith
Ariane Boyer
Clinique pédiatrique transculturelle Hôpital Maisonneuve-Rosemont

À la Clinique Pédiatrique Transculturelle (CPT), les patients référés sont des enfants, des adolescents et leur famille venus d’ailleurs. Les problématiques rencontrées sont souvent liées à des parcours migratoire complexes, à des enjeux de filiation, d’affiliation ou de transmission et les défis de construction identitaire sont souvent à l’avant-plan.
Différentes stratégies thérapeutiques issues de l’ethnopsychiatrie sont utilisées au sein du dispositif groupal afin de soutenir cette construction identitaire. Parmi celles-ci, le Kasàlà est une pratique oratoire poétique originaire de la République Démocratique du Congo qui vise à faire l’éloge de la personne et célébrer ses qualités. À la CPT, nous avons recours à cette méthode pour souligner les difficultés traversées dans le parcours et mettre en lumière les forces du jeune. L’outil permet également de souligner sa place dans sa lignée et a généralement pour effet de créer un portage du jeune et de sa famille par le groupe thérapeutique. Dans le cadre de cette présentation, nous proposerons une réflexion sur la place de cette pratique dans nos interventions transculturelles et sur les effets recherchés. Cette réflexion sera appuyée par des vignettes cliniques et la proposition d’un Kasàlà.

Le rôle des intervenant.e.s psychosociales allochtones pour le soutien des Jeunes Nunavimmiut au niveau du bien-être et du développement identitaire dans un contexte de colonialité

Mariam Traoré
Centre de santé Inuulitsivik

Sarah Fraser
Université de Montréal

Notre présentation portera sur le travail dans les communautés inuites du Nunavik. Nous nous attarderonssur desfacteurs pouvant influencer l’accessibilité des soins pour les jeunes inuits et les défis (la participation des jeunes aux soins, le manque de services spécialisés pour répondre aux besoins des jeunes, le choc culturel, etc.) auxquels font face les intervenants des services sociaux. Par exemple, le roulement du personnel constitue un obstacle important à la disponibilité des soins et à la participation des jeunes aux suivis. En effet, les organismes sont souvent sous-effectifs, ce qui entrave la capacité des intervenants à assurer un suivi régulier. En outre, le manque de personnel et le changement fréquent d’intervenant rend aussi difficile le développement d’un bon lien thérapeutique. Nous aborderons aussi quelques enjeux en lien avec le développement identitaire dans un contexte où la colonialité demeure omniprésente. Enfin, la présentation ouvrira la discussion sur les améliorations possibles à apporter au système pour mieux répondre aux besoins des jeunes .

Les potentialités de l’approche transculturelle pour soutenir les enseignant.e.s dans leurs relations avec les familles immigrantes

Geneviève Audet
Marc Donald Jean Baptiste
Université du Québec à Montréal

C’est maintenant plus du tiers des élèves québécois qui sont issus de l’immigration, de première ou de deuxième génération (Ministère de l’Éducation, 2022), ce qui veut aussi dire que les personnels scolaires ont de plus en plus à interagir et à collaborer avec des familles immigrantes. Au cours d’un projet de recherche exploratoire (Audet et al., 2024-2025), des pratiques d’accompagnement d’intervenants qui œuvrent dans le cadre d’un dispositif d’accueil transculturel des familles en France ont été documentée. L’idée derrière ce projet était double : d’une part, comprendre mieux en quoi consiste l’approche transculturelle « en acte » et, d’autre part, voir en quoi cette approche peut être porteuse pour soutenir les milieux scolaires. Mobilisant une partie du corpus de récits de pratique (Desgagné, 2005) recueillis dans ce cadre (n=5), cette communication souhaite répondre à la question suivante : en quoi des pratiques transculturelles d’accompagnement de familles documentées peuvent-elles inspirer les pratiques d’enseignants dans leurs relations avec les familles immigrantes en milieu scolaire québécois? Après avoir exposé le problème et rappelé les bases de l’approche transculturelle (Moro, 2020), nous présenterons les résultats de l’analyse menée sur les récits de pratique. Nous discuterons ensuite des potentialités de l’approche transculturelle pour soutenir les enseignants dans leurs relations avec les familles immigrantes.

Dire “je” entre les tensions identitaires : complexifier les interventions avec les jeunes en santé mentale

Janique Johnson-Lafleur
Institut universitaire SHERPA

Yann Zoldan
Université du Québec à Chicoutimi

À notre époque marquée par la globalisation, la numérisation et les polarisations sociales croissantes, les jeunes construisent leurs identités en naviguant entre des appartenances multiples, parfois en tension, et à travers des processus d’identification, de différenciation, de reconnaissance et de quête de sens. Cette complexité est particulièrement présente chez les jeunes négociant des enjeux identitaires liés à l’orientation sexuelle, au genre, à l’ethnicité, à la religion ou à la classe sociale, et dont les vécus sont traversés par des expériences de stigmatisation, voire d’exclusion. Un projet d’ateliers d’interventions expérientielles et créatives mené au Saguenay-Lac-Saint-Jean visait à mieux comprendre ces processus dans un contexte local influencé par des dynamiques globales. Les productions et récits recueillis révèlent de forts questionnements existentiels : quête de sens et d’ancrage, tensions entre inclusion et marginalisation, et sentiments mêlés d’injustice et d’espoir. Les approches centrées sur les identités comportent des écueils. Si appliquées sans nuance, elles risquent de figer les identités dans des lectures institutionnelles, rigides, et assignées à des conflits ou traumas. Ces constats soulignent l’importance de soutenir et former les praticien·ne·s en santé mentale à des interventions fluides et complexes, afin d’accompagner les jeunes avec sensibilité, réflexivité et une posture critique face aux dynamiques sociales et identitaires contemporaines.

Document de présentation

Construire son identité à l’école : être vu c’est appartenir?

Imane Sahraoui
Gina Lafortune
Université du Québec à Montréal

À notre époque marquée par la globalisation, la numérisation et les polarisations sociales croissantes, les jeunes construisent leurs identités en naviguant entre des appartenances multiples, parfois en tension, et à travers des processus d’identification, de différenciation, de reconnaissance et de quête de sens. Cette complexité est particulièrement présente chez les jeunes négociant des enjeux identitaires liés à l’orientation sexuelle, au genre, à l’ethnicité, à la religion ou à la classe sociale, et dont les vécus sont traversés par des expériences de stigmatisation, voire d’exclusion. Un projet d’ateliers d’interventions expérientielles et créatives mené au Saguenay-Lac-Saint-Jean visait à mieux comprendre ces processus dans un contexte local influencé par des dynamiques globales. Les productions et récits recueillis révèlent de forts questionnements existentiels : quête de sens et d’ancrage, tensions entre inclusion et marginalisation, et sentiments mêlés d’injustice et d’espoir. Les approches centrées sur les identités comportent des écueils. Si appliquées sans nuance, elles risquent de figer les identités dans des lectures institutionnelles, rigides, et assignées à des conflits ou traumas. Ces constats soulignent l’importance de soutenir et former les praticien·ne·s en santé mentale à des interventions fluides et complexes, afin d’accompagner les jeunes avec sensibilité, réflexivité et une posture critique face aux dynamiques sociales et identitaires contemporaines.

Naître au carrefour et grandir à contrechamp : Trajectoires de vie et processus identitaires des jeunes issus de communautés noires au Québec

Bendley Lubin
Sophie Gilbert
Université du Québec à Montréal

La mondialisation redessine les contours de nouvelles appartenances en redéfinissant continuellement les liens et les frontières. Cette réalité impose aux États des ajustements profonds dans les politiques liées à l’emploi, à l’économie, à la démographie, entre autres, tout en les confrontant à l’exigence de bâtir des sociétés inclusives et ouvertes à la diversité. Toutefois, cette ambition se heurte à des inégalités persistantes, notamment en ce qui concerne les conditions et les opportunités de vie des minorités ethnoraciales. Ces dernières doivent faire face à des obstacles multiples – institutionnels, culturels, sociaux ou politiques – qui demeurent largement méconnus en dehors des communautés concernées.
Dans cette communication, nous présenterons les premiers résultats d’une recherche doctorale portant sur les trajectoires de vie et les processus identitaires de jeunes issus des communautés noires. Basée sur 30 entretiens avec des jeunes âgés de 18 à 25 ans, nés au Québec, cette étude explore le rôle des enjeux raciaux dans leur construction identitaire et leur inscription sociale. Elle interroge la dynamique psychique en s’appuyant sur la théorie psychanalytique avec une prise en compte du contexte socioculturel. Ensuite nous discuterons du sens, des représentations qui sont rattachés à leurs expériences. Ceci nous amènera à une interrogation sur la spécificité de la construction identitaire dans un tel contexte et en même temps dans un monde en interconnexion.

Possibilities of decoloniality in social and community care structures with racialized 2SLGBTQ+ youth

Jacqueline Stol
Université de Montréal

The histories and, even, lives of 2SLGBTQ+ youth are at stake as reactionary and regressive political discourses and actions seek to erode their rights and dignity globally. This paper extends from my dissertation project in which I conducted participatory research and culturally responsive approaches with young adult LGBTQ+ Filipino/a/xs in Montreal to preserve their lived realities and advocate for systemic change. I examined the relations between identity, gender, sexuality, diaspora and migration as well as why and how they build community resources and support. The findings point to experiences throughout their lives of navigating multiple forms of discrimination and exclusion. They continually search for identity, home and belonging beyond the scripts and norms enforced by Western and colonial categories and knowledges. I examine in this paper the state of the literature in Canada of enacting decoloniality when addressing the identity formation and social and community care needs of 2SLGBTQ racialized youth. Themes that arose in my dissertation and initial literature search include intergenerational and ancestral decolonial learning around gender and sexuality. The participants also named community-led, trauma-informed and decolonial visions and actions of community care and group programming. I will end the presentation with practical ways forward through research, pedagogy and practice in supporting the wellbeing of racialized 2SLGBTQ+ youth.

“Je fais quoi si on me parle de « culture » ? Intervenir auprès des jeunes issu∙es de la diversité en contexte institutionnel et communautaire

Paola Porcelli
Dans la rue

Omaira Naweed
CIUSSS CCOMTL

La population québécoise est de plus en plus diversifiée, notamment chez les jeunes. En 2023, un nombre important de jeunes issu·es de l’immigration a été enregistré : travailleur·euses étranger·ères temporaires, demandeur·euses d’asile, étudiant·es internationaux·ales, et jeunes à statut migratoire précaire. À cela s’ajoutent les jeunes de deuxième ou troisième génération, racisé·es et multilingues, qui occupent désormais une place centrale dans le paysage démographique québécois. L’intervention auprès de ces jeunes constitue un défi pour plusieurs intervenant·es, souvent mal préparé·es à saisir la complexité de leurs réalités, qu’il s’agisse de leurs croyances, parcours ou affiliations. Ces jeunes sont confronté·es à des enjeux systémiques, à la précarité migratoire, à des traumatismes et à des défis en santé mentale, dans un contexte social parfois hostile. Leurs transitions vers la vie adulte s’accompagnent de multiples obstacles. De leur côté, les intervenant·es peuvent se sentir vulnérables, risquant d’adopter des pratiques inadaptées. Dans cette présentation, nous partagerons notre expérience clinique dans deux contextes distincts – un CLSC et un organisme communautaire – et discuterons, à partir d’approches intersectionnelles et anti-oppressives, des leviers et limites d’une intervention culturellement sensible auprès de jeunes issu·es de la diversité.

Document de présentation

Déplier les identités ethnoculturelles : un atelier réflexif de clarification conceptuelle et théorique

Milica Miljus
Université de Montréal

Le fameux modèle développemental de la construction de l’identité ethnique de Phinney (1989) est utilisé dans des études portant tantôt sur des jeunes de groupes ethnoculturels de troisième génération ou plus (dits « raciaux »), tantôt sur des jeunes issus de l’immigration, de première ou de deuxième génération. Les termes couramment employés concernent, dans le premier cas, « identité raciale » ou « identité ethnique », et dans le second, « identité culturelle » ou « identité ethnoculturelle. » Considérant les nuances dans les expériences de ces jeunes (p. ex., avoir ou non vécu l’immigration; avoir ou non vécu du racisme), nous proposons que l’usage généralisé de certains modèles identitaires – notamment des modèles phares comme celui de Phinney (1989) – soit envisagé avec prudence. De même, l’utilisation interchangeable des termes mentionnés plus haut peut entraîner une confusion conceptuelle ou diluer les distinctions entre les formes d’identités. Bien que ces modèles offrent un cadre utile pour comprendre certains processus identitaires, leur application indiscriminée peut poser problème, notamment dans l’analyse de distinctions potentielles (p. ex., au niveau des séquences développementales) et dans le soutien aux populations concernées. Des adaptations concrètes sont proposées et explorées dans le cadre du projet doctoral. Cette communication s’inscrit dans les thèmes du colloque, en abordant les enjeux liés aux identités mixtes et à l’agentivité dans l’identification

Ateliers simultanés F

Accompagner l’adoption internationale en France : histoires, identités et singularités familiales

Sophie Maley-Régle

En France, depuis 50 ans, l’adoption internationale fait partie des moyens d’accéder à la parentalité. Tout en exposant les familles et les enfants aux regards et aux questions, « Cette nouvelle manière de faire sien des enfants venus d’ailleurs, participe d’une évolution des pratiques de parentalité et bouscule les autres formes existantes localement » (Golse – L’autre, 2012). Ainsi la place et le statut donnés à l’enfant adopté sont façonnés des représentations culturelles, historiques et sociétales déployées au cours du 20ème siècle. Dans un monde ouvert, l’enjeu est d’accompagner les familles adoptantes face à ces enfants parfois exposés aux différences de tous ordres. Les séances dédiées aux familles permettent de visiter et revisiter tous ces voyages où les cultures autour de la maternité se mélangent et où l’enfant, en tant qu’être culturel, devient sujet de questions parfois sans réponses. Un accompagnement thérapeutique permettant à chacun de mettre en mots des questions fondamentales pour faire naître un récit commun. Corrélée aux 3 axes de filiation définis par Guiyotat, la narrativité est un axe essentiel dans la construction de la famille. Pour Golse et Moro (2017) la filiation narrative est un 4ème axe de filiation aidant les familles à se construire dans leur singularité. Entre effacement des liens d’origine et filiation narrative, comment l’enfant adopté en France et sa famille font face aux histoires et à l’exposition que ces expériences leurs font vivre?

Paternité en migration : redéfinition des rôles et transmission identitaire intergénérationnelle

Saïd Bergheul
Yannick SansChagrin
Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

Jean Ramdé
Université Laval

Leyla Sall
Université Moncton

Dans un contexte mondial marqué par des perturbations majeures — conflits, crises écologiques, migrations —, les pères immigrants sont confrontés à une redéfinition profonde de leur identité paternelle. Traditionnellement perçus comme pourvoyeurs, ces hommes doivent naviguer entre les attentes culturelles de leur pays d’origine et les normes de la société d’accueil, souvent en l’absence de repères familiers.​Cette transformation identitaire influence non seulement leur propre perception du rôle paternel, mais aussi la construction identitaire de leurs enfants. Les jeunes issus de l’immigration, en quête de repères dans une société parfois empreinte de préjugés, peuvent ressentir un flottement identitaire, oscillant entre les valeurs transmises par leurs parents et celles de la culture dominante. Cet atelier propose d’explorer les dynamiques intergénérationnelles au sein des familles immigrantes, en mettant l’accent sur la manière dont les pères adaptent leur rôle et comment cela impacte la transmission culturelle et identitaire auprès des jeunes. À travers des communications pluridisciplinaires, nous aborderons les stratégies de résilience mises en œuvre par les pères, les défis de l’acculturation différentielle entre générations et les mécanismes de transmission des valeurs et des repères culturels.​
En réunissant chercheurs et praticiens, cet atelier vise à enrichir la réflexion sur les enjeux de la paternité en contexte migratoire et à identifier des pistes d’intervention pour soutenir les familles dans leur processus d’adaptation et de construction identitaire.

Regards féministes décoloniaux sur la paternité en contexte migratoire : entre assignations, résistances et réconciliations

Dahlia Eldaly
Université du Québec à Chicoutimi

Cette communication propose une lecture féministe décoloniale et intersectionnelle des enjeux liés à la paternité en contexte migratoire. Trop souvent, les discours sociaux réduisent les hommes immigrés à des figures stéréotypées — pères absents, autoritaires, ou perçus comme « en retard » sur les normes occidentales de parentalité. Ces représentations simplistes occultent la complexité des trajectoires, des relations familiales et des transformations subjectives que traversent de nombreux pères immigrants et leurs proches. Nous présenterons d’abord les apports du féminisme décolonial pour penser la paternité autrement, en tenant compte des rapports de pouvoir raciaux, genrés et de classe. Nous explorerons ensuite comment, en contexte migratoire, la paternité devient un espace traversé par des injonctions parfois contradictoires, mais aussi par des vulnérabilités, des résistances et des négociations identitaires. Nous décrirons comment le colonialisme, le racisme et l’orientalisme renforcent souvent le patriarcat avec l’apparence d’une dénonciation féministe. En nous appuyant sur des exemples tirés de notre expérience personnelle, de la pratique clinique et de la littérature, nous mettrons en lumière la manière dont certains pères sont racontés par leurs enfants — des récits marqués par l’ambivalence, la tendresse, la colère, la critique, et les tentatives de réconciliation.En réunissant chercheurs et praticiens, cet atelier vise à enrichir la réflexion sur les enjeux de la paternité en contexte migratoire et à identifier des pistes d’intervention pour soutenir les familles dans leur processus d’adaptation et de construction identitaire.

Fonctions du regard et l’identité culturelle dans une triade pèremère-bébé à l’épreuve du trauma

Mathilde Laroche Joubert
Université Paris Nanterre
Raphaël Riand
Université de Paris Cité, Service de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent, Hôpital Avicenne

Le regard de l’autre est au fondement de la construction de soi, de la filiation et des affiliations. Dans certaines situations, dont la migration et le traumatisme psychique, il peut également devenir un obstacle à la subjectivation. Regard de la société, regard du conjoint, celui des parents sont, alors, autant de niveaux à prendre en compte dans la compréhension du vécu de la femme migrante devenant mère, du vécu du couple et celui du bébé.
L’altérité et la mixité culturelle dans le contexte sociétal actuel peuvent constituer le fondement du couple, ainsi qu’un levier thérapeutique pour les soignants. Elles peuvent aussi être portées en étendard, attirant le regard de l’autre, pour masquer la radioactivité du trauma (Gampel, 2003 ; Feldman et al, 2025) au sein de la triade et du champ thérapeutique. Elle vient aussi masquer les similarités qui se cachent dans l’histoire transgénérationnelle et la constitution du couple. A partir d’une thérapie d’un couple mixte et de son bébé, nous explorerons les différentes fonctions du regard (social, conjugal, filial, des thérapeutes…) et de la mixité culturelle face à la menace traumatique.

Le groupe « Transmissions » : Apport d’un dispositif thérapeutique transculturel pour les familles confrontées aux traumatismes

Dalila Rezzoug
Catherine Le Du
Geneviève Serre
Nicolas Bosc Hôpital Avicenne

Le groupe Transmissions est né de la nécessité d’accompagner les familles confrontées à des traumatismes extrêmes. Il existe depuis quinze ans maintenant et son objectif est de prendre en charge les familles ayant vécu des expériences traumatiques avant ou après la migration en France. Le travail cible la dynamique familiale et sa transformation par l’impact des traumatismes vécus. Les familles que nous rencontrons ont vécu la migration et doivent élaborées les deuils et les traumatismes en situation d’exil. Le groupe est indiqué lorsque la souffrance familiale est telle que le système familial ne permet plus la protection et la croissance de chacun de ses membres. L’équipe thérapeutique est constituée d’un groupe de thérapeute et d’un interprète permettant de tisser des récits en passant d’une langue à l’autre. Dans le groupe sont alors abordés l’histoire familiale, les transmissions langagières, culturelles, les processus de métissage, les valeurs et les rôles portés par la famille. Nous accompagnons les familles dans les bouleversements catastrophiques liés au trauma notamment en lien avec des deuils violents. A partir d’une présentation du groupe, (son histoire, son cadre théorique et ses modalités de fonctionnement) et d’illustrations cliniques, nous décrirons l’impact des traumatismes et des deuils sur le fonctionnement familial et comment le travail familial et tranculturel peut permettre l’élaboration de sens pour chaque membre de la famille.