Projet d’évaluation du programme Interventions globales pour favoriser le rétablissement, l’autonomie et l’intégration des femmes demandeuses d’asile et réfugiées traumatisées par la violence organisée de RIVO Résilience
Équipe
Ghizlaine Ben Zerrouk, coordonnatrice des activités en évaluation
Ashley Chu, professionnelle de recherche
Andréanne Guindon, cheffe d’Administration de programme, IU-SHERPA, CIUSSS du Centre-Ouest-de-L’Île-de-Montréal
Naïma Bentayeb, chercheure d’établissement à l’IU-SHERPA et professeure associée à l’École nationale d’administration publique et à l’école de travail social de l’Université McGill
Iman Sta-Ali, étudiante boursière (mai-aout 2025), IU SHERPA
Ksenia Burobina, assistante de recherche
Emma Le Lain, professionnelle de recherche
Financement
RIVO-Résilience – PATHY Family Foundation 2025-2026
Résumé
Ce programme du RIVO combine psychothérapie individuelle, accompagnement psychosocial, groupes de soutien par l’art et l’artisanat, groupes d’intégration sociale, ateliers d’employabilité, formations aux partenaires et actions de plaidoyer. Il a été conçu non seulement pour répondre à des besoins immédiats de santé mentale et psychosociaux, mais aussi pour contribuer à des changements durables dans la trajectoire des personnes usagères. Il reconnaît que la reconstruction après des traumatismes graves ne se limite pas au plan individuel, mais implique également la restauration de liens familiaux, communautaires et sociaux. Ainsi, en intégrant des dimensions cliniques, psychosociales, communautaires et structurelles, le programme adopte une vision globale du rétablissement et s’inscrit dans une approche transversale qui cherche à réduire les inégalités systémiques, à favoriser l’empowerment et à promouvoir la justice sociale.
Objectifs
Le projet d’évaluation vise trois objectifs principaux : 1) évaluer le fonctionnement global du programme (activités, logistique, adaptations) ; 2) documenter les trajectoires de participation et les récits de transformation vécus par les personnes usagères accompagnées; et 3) récolter les effets intermédiaires du programme du point de vue des personnes usagères, de l’équipe interne et des partenaires.
Méthode
Adoptant une approche participative et développementale, un comité consultatif d’évaluation composé d’acteur.rice.s du RIVO (équipe de gestion, membres du conseil d’administration, intervenant.e.s, psychothérapeutes), de partenaires du RIVO et de l’équipe d’évaluation s’est rencontré à six reprises durant la démarche afin de situer l’objet d’évaluation, coconstruire les outils de collecte de données, cointerpréter les données et codécider du plan de mobilisation des connaissances.
L’évaluation a suivi un devis flexible et multiméthode, qui visait à répondre à des objectifs à la fois descriptifs (fonctionnement du programme), réflexifs (expériences des personnes usagères), et évaluatifs (effets perçus). Plusieurs outils de collecte de données ont été utilisés. Certains ont servi à mieux comprendre le programme dans son ensemble, tandis que d’autres ont permis d’explorer le vécu des personnes participantes. Concrètement, l’équipe d’évaluation a procédé à une analyse documentaire (n=30); cinq (05) groupes de discussion avec les équipes internes e les partenaires (n= 21); l’observation non participante d’ateliers collectifs (n=2); des entretiens individuels de type storytelling avec les personnes usagères (n=16) et avec des personnes animatrices des ateliers collectifs (n=4) et deux (02) ateliers de collecte de données avec des partenaires (n=3) et avec les membres de l’équipe RIVO, incluant des thérapeutes, des membres l’équipe de management et coordination, des intervenantes psychosociales, etc. (n=8). L’équipe a procédé par analyse thématique de données triangulées selon les participant.e.s et les sources de données.
Résultats
Le programme répond de manière pertinente aux besoins des personnes réfugiées et demandeuses d’asile ayant vécu des traumatismes. Cependant, le manque de ressources financières, humaines et matérielles limite sa capacité à offrir un soutien pleinement adéquat, notamment en ce qui concerne le nombre de thérapeutes, le volume de séances et la couverture linguistique. Malgré ces contraintes, les effets positifs sont nombreux, surtout pour les personnes usagères, qui témoignent de transformations profondes dans leurs parcours. Les activités de groupe jouent un rôle particulièrement puissant : elles offrent un espace d’écoute, de solidarité et de partage du vécu, favorisant un fort sentiment d’appartenance et renforçant la résilience. Leurs impacts semblent même dépasser ceux de la thérapie individuelle grâce à la dynamique collective. Ainsi, le RIVO, à travers ce programme, contribue de façon significative au rétablissement et à l’intégration des personnes réfugiées et en demande d’asile, mais la pérennité et la mise à l’échelle d’un tel programme nécessiterait un soutien accru pour maximiser son impact.
Membres et équipe SHERPA
Naïma Bentayeb
Chercheure d'établissement, Institut universitaire SHERPA, CIUSSS Centre-Ouest-de-l'Ile-de-Montréal
Ashley Chu
Professionnelle de recherche. Projet de trousse pour la prévention du suicide auprès des communautés ethnoculturelles minoritaires et racisées, refugiées et en demande d'asile